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Après la disparition d'Honorine RASOAMANALNA : le message du père Pedro

Publié le par Vendée-Akamasoa

A la droite (sur la photo) du père Pedro : Melle Honorine, lâchement assassinée.

A la droite (sur la photo) du père Pedro : Melle Honorine, lâchement assassinée.

"Chers amis,

J’ai été très touché par tous vos témoignages tellement amicaux, fraternels et profonds. Vous avez tellement bien compris la beauté d’âme de Mlle Honorine (NDLR : lire les deux articles précédents). Tous vos messages nous sont arrivés droit au cœur, à moi comme à tous mes coéquipiers et au peuple d’Akamasoa.

Je tiens à redire, à chacun en particulier, toute ma gratitude pour cette présence à côté de nous dans ce moment dramatique, à travers ces souhaits qui viennent du fond de vos cœurs.

Dans un moment pareil, c’est certain qu’on lutte avec soi-même pour garder les valeurs humaines et spirituelles pour lesquelles on se bat depuis 46 ans à Madagascar. Et si nous tenons debout, c’est grâce à la force spirituelle que nous prenons dans la parole de Dieu que nous recevons tous les jours, mais aussi par les sourires des milliers d’enfants qui n’ont qu’un désir : vivre et avoir un avenir. Et avec votre encouragement également, cela nous redonne cette force de savoir que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes soutenus par vos prières et votre amitié.

Je m’excuse de ne pas pouvoir répondre à chacun de vous en particulier, ce que je voudrais faire, mais le temps ne me le permet pas. Dès demain soir, je pars pour une longue tournée en France et à Monaco, et je suis sûr que nous pourrons nous voir personnellement dans l’une ou l’autre de ces conférences.

Au nom de tout le peuple d’Akamasoa, veuillez recevoir nos remerciements les plus fraternels."

P. Pedro

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L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

Publié le par Vendée-Akamasoa

L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

« Chers amis,

Je voudrais continuer à vous informer de la suite de notre lettre écrite dimanche dernier, sur le meurtre de Mlle Honorine. Depuis, nous avons vécu beaucoup de choses très fortes, en commençant par le premier face à face avec ce corps inerte, blessé, le visage déchiré, d’une personne que nous avions vue vivante la veille. Malgré ces blessures mortelles qu’elle a reçues, elle a gardé ce visage plein de douceur et de paix. Dans ce récit, je voudrais partager avec vous ces moments d’une intensité indescriptible.

Ce jour 22 mai 2016, nous venons de faire un dernier au revoir à Mlle Honorine à Akamasoa. Nous l’avons fait avec un cœur lourd, mais en même temps avec un cœur plein de force et d’espérance, à la vue de l’accueil et de la solidarité que le peuple d’Akamasoa lui a montrés, depuis hier à l’arrivée de sa dépouille, jusqu’à la messe de ce matin, sans oublier la veillée d’hier. Des centaines de personnes l’ont accueilli avec un respect et une dignité impossibles à décrire. »

L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

« L’espace culturel d’Akamasoa était plein à craquer, pourtant c’était 15 heures 30 de l’après-midi. À partir de là, nous avons débuté avec une prière, où Saint Paul disait aux premiers chrétiens que « nous devions regarder la mort avec les yeux de la Résurrection ». Nos morts, ils ne sont pas morts, ils sont vivants, c’est pour cela que je n’ai pas utilisé le mot de défunte, mais parlé de Mlle Honorine, toujours vivante parmi nous, dans nos cœurs, dans notre esprit. Une fois la prière finie, nous avons déposé son corps sur une table bien préparée, avec un tissu blanc, entourée de pleins de jolies fleurs. Puis les personnes ont commencé à chanter et à saluer la famille en apportant, suivant la coutume, une enveloppe, comme signe de solidarité, une aide pour les dépenses de la sépulture.

Les chants ont duré de 18 heures de l’après midi jusqu’à l’aube, sans cesse ! La veillée de Mlle Honorine a été faite dans une dignité, une paix, une sérénité qu’on ne peut expliquer. Des centaines de personnes sont restées toute la nuit, assises à même le sol, et ont chanté avec une conviction et une force qui auraient bouleversé les personnes les plus insensibles. N’importe quelle personne venant de l’extérieur aurait pu s’extasier et chercher à comprendre : comment est-ce possible de chanter pendant 12 heures, sans aucun livre de chant ? D’autant plus que chaque chant était chanté avec tellement de vibrations et de force qu’on sentait l’âme des gens s’exprimer à travers eux, afin de vaincre cette douleur que nous subissions. On sentait une union, plus encore, une communion de nous tous présents dans cette grande salle, pleine de personnes adultes, de jeunes et aussi d’enfants. Cela manifestait vraiment que la solidarité n’est pas un mot à Akamasoa, mais quelque chose de réel. Cette solidarité même, on pouvait la toucher, tellement la force de cette communion ressortait de ce peuple présent à cette veillée. »

L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

« Je me suis retiré quelques minutes après minuit, et pourtant j’aurais voulu rester jusqu’à l’aube avec eux, mais je devais prendre un peu de repos, afin d’être capable de célébrer la messe quelques heures plus tard. Quand je suis revenu vers 6 h du matin, j’ai vu une queue interminable dans la cour, composée d’élèves qui pendant une heure et demie se sont succédé pour voir, s’incliner devant le corps et dire un dernier au revoir à Mlle Honorine. Avec Mlle Honorine, nous avons aussi veillé la plus ancienne personne âgée d’Akamasoa, qui avait 94 ans, et que nous appelions Bebe Thérèse, morte le jour même. Nous avons ainsi veillé les deux corps au même moment. Ensuite, nous les avons transportés à l’église qui se trouve à quelques dizaines de mètre de l’espace culturel.

Dans une église pleine à son comble d’enfants et de parents, comme en un jour de fête, nous avons commencé la messe pour les âmes de Mlle Honorine et de Bebe Thérèse. Nous étions quatre prêtres pour célébrer, dont deux confrères lazaristes, le père Philippe et le père Marek, et deux grands séminaristes, dont un était le neveu de Mlle Honorine. Un miracle particulier : 200 enfants de chœur filles ont voulu aussi être présents à cette Eucharistie, tout près d’elle. Le père Donatien, vicaire général, qui représentait l’Evêque de Morondava, a lu l’Evangile et fait l’Homélie. Il connaissait Mlle Honorine et a fortement souligné sa joie de vivre et de travailler, mais aussi son caractère dynamique, son sérieux dans le travail et son sens du sacrifice pour le bien commun. Ensuite, j’ai pris la parole pour dire que Mlle Honorine était une femme d’une foi profonde et d’un courage exceptionnel. Malgré les difficultés, son sourire tendre et doux captivait toutes les personnes à qui elle s’adressait et qu’elle recevait de visite à Akamasoa. J’ai ajouté que souvent je devais la « chasser » du travail pour qu’elle n’arrive pas tard à sa maison, sachant l’insécurité permanente dans la ville d’Antananarivo. »

L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

« J’ai aussi lancé un appel aux jeunes présents en leur disant que c’est à eux de reprendre le flambeau de Mlle Honorine et les ai enjoints à oser choisir les personnes courageuses comme exemple de vie, et non pas certains chanteurs qui incitent souvent à la vie facile. J’ai également dit que jamais à Akamasoa, ne manqueront les jeunes courageux, ayant des valeurs humaines et spirituelles, pour reprendre le combat de Mlle Honorine. Akamasoa est une pépinière de personnes qui osent, qui ont la volonté de changer les injustices qui provoquent cette extrême pauvreté dans le pays. Akamasoa aura toujours des jeunes prêts et décidés à affronter le mal et à lutter contre tout ce qui détruit l’être humain. Akamasoa est une source qui ne tarira jamais, puisqu’on ne peut pas tuer l’amour, la volonté, l’envie de treize milles jeunes qui veulent vivre et faire quelque chose de positif de leur vie. Je sentais qu’il y avait un grand silence dans l’assemblée et je voyais même des larmes dans les yeux des enfants de l’école primaire et des lycéens.

À la fin de la messe, nous avons donné la bénédiction aux deux corps présents, puis les familles les plus proches et les compagnons de lutte sont venus asperger les cercueils avec de l’eau bénite. À cause du manque de temps, nous avons dû restreindre le nombre de personnes qui voulaient encore venir toucher le cercueil de Mlle Honorine. Et quand les hommes l’ont porté pour sortir, la foule a entamé des chants de bénédiction qu’elle aimait beaucoup, toutes les mains s’élevant en faisant signe d’au revoir à Mlle Honorine que nous aimions tellement. Devant le parvis de notre église, les gens étaient encore là pour assister au départ du convoi de Mlle Honorine vers le tombeau ancestral qui se trouve à plus de 100 kms de Tana, en direction du sud. Cette cérémonie d’adieu restera gravée dans notre cœur pour toujours, parce que nous venions de vivre ce meurtre ignoble, qu’on ne peut pas expliquer. Ainsi nous avons vécu une messe d’une beauté, d’une paix et d’une émotion inexplicables. Comme quoi, le mal ne pourra jamais vaincre le bien, l’amour et la beauté de l’âme. Les personnes qui sont parties en tant que martyres vaincront pour l’Eternité. »

L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA
L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

« Mlle Honorine repose en paix maintenant. Elle qui travaillait toujours, et ne savait pas s’arrêter, peut maintenant travailler pour nous à partir du ciel, afin de nous aider à continuer notre combat pour la justice, la paix, la fraternité, le partage et la joie. Je dois dire que j’étais très heureux de voir tous les responsables d’Akamasoa prendre part à l’organisation de la veillée, à l’accueil des dizaines de personnes venues d’Antolojanahary, Fianarantsoa, Safata, Alakamisy-Ambohimaha, Morondava et Vangaindrano. C’était très fort de voir que malgré le choc et la douleur, tous ses compagnons firent leur travail avec un grand dévouement, car il n’est jamais facile de diriger une foule de milliers de personnes. Très fort de voir cette unité, cette communion, parce que tous nous manquions de sommeil et étions fatigués. Mais tout cela passait au second plan. D’abord il fallait accueillir et servir ce peuple qui voulait exprimer son amour à Mlle Honorine. Cette force de la communauté a certainement allégé notre douleur et notre souffrance. Parce que tout doucement, notre douleur se changeait en force et en espérance. Et aujourd’hui, après avoir fait l’enterrement de Bebe Thérèse, nous nous sommes retrouvés, avec les premiers responsables, et la réunion que nous avons faite s’est déroulé dans un grand partage, une grande amitié, un grand amour, et le sentiment d’avoir fait de notre mieux pour adresser un au revoir digne à cette personne si souriante et efficace que nous avions tant aimée. De cette épreuve nous ressortons plus unis, plus forts et plus décidés que jamais à continuer d’éduquer nos milliers d’enfants et de jeunes, afin qu’il y ait beaucoup de Mlle Honorine qui désirent donner leur vie à leurs compatriotes, pour la foi et pour Madagascar. L’injustice qu’elle a combattue toute sa vie, lui est retombée dessus et l’a tuée. C’est une victime, et nous ferons tout notre possible pour porter cette affaire aux autorités compétentes, afin que son meurtre soit élucidé, car il y a trop de gens qui meurent chaque jour, à Madagascar, et dont les meurtriers restent inconnus. Nous espérons que les responsables de l’Etat vont nous aider à éclaircir ce drame, et à trouver son coupable. »

L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

« Des quatre coins du monde, d’Argentine, d’Australie, de France, la Réunion, Monaco, de Slovénie, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, Canada, Etats-Unis et de Madagascar, nous avons reçu des dizaines d’e-mails d’encouragement pour affronter cette douleur dans laquelle nous a plongés la tragique disparition de notre chère compagnon de lutte qui était Mlle Honorine, et nous manifester compassion et solidarité. Mais nous avons aussi été très touchés par le geste du Président de la République Malagasy et de son épouse, qui ont envoyé une délégation importante pour nous faire part de leurs condoléances et de leur solidarité. Nous tenons à dire que nous avons beaucoup apprécié cette présence et ce geste, de la part des autorités les plus hautes de l’État. Également, nous ont beaucoup émus les messages de trois archevêques, Mgr Odon Marie Arsène Razanakolona (Antananarivo), Mgr Fulgence Rabemahafaly (Fianarantsoa), Mgr Benjamin Ramaroson (Antsiranana) et l’évêque de Morondava Mgr Fabien, tous très attachés à l’œuvre Akamasoa. Je pense aussi à Mme Anne Dubois, une personne amie, acquis à notre combat, et qui vit sur place, présente à la veillée et à la messe du lendemain, les larmes aux yeux face à cette injustice. On sent que l’opinion est très sensible à toute injustice perpétrée contre des innocents. Et cela signifie que n’importe quel crime, fait dans n’importe quel endroit du monde, ne peut plus être passé sous silence. L’opinion publique de nos amis, à travers des dizaines de pays, est une force pour nous et aussi un bouclier pour les prochaines épreuves.

Merci de tout cœur à tous ceux qui nous ont écrit et qui ont partagé notre souffrance. Notre douleur pour cette perte est aussi grande qu’inattendue. Dieu bénisse tous nos amis à travers le monde pour leur amour et leur aide ! Sachez que cette pépinière d’Akamasoa, par la grâce, la force et l’esprit de Dieu ne disparaitra jamais. Aux noms de tous les enfants et du peuple d’Akamasoa, nous vous embrassons fortement ! ».

Père Pedro

L’adieu émouvant d’Akamasoa à Mlle Honorine RASOAMANALNA

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Vendée-Akamasoa en deuil avec le meurtre de Mlle Honorine RASOAMANALNA : l'hommage du père Pedro

Publié le par Vendée-Akamasoa

Mlle Honorine RASOAMANALNA, née le 14 octobre 1969, aurait eu 47 ans en 2016.

Mlle Honorine RASOAMANALNA, née le 14 octobre 1969, aurait eu 47 ans en 2016.

" C’est avec une grande tristesse dans le cœur que je dois vous annoncer la mort de Mlle Honorine RASOAMANALNA, la vice-présidente d’Akamasoa. Elle a été retrouvée morte ce dimanche matin, à 6 heures, dans un canal, à quelques mètres de sa maison. Plusieurs blessures à la tête montrent qu’elle a été tuée d’une façon horrible, et son corps est actuellement à l’hôpital pour une autopsie. Nous restons consternés devant cet acte horrible et odieux.

Je veux rendre témoignage à Mlle Honorine RASOAMANALNA qui a travaillé avec nous à Akamasoa pendant 24 ans, manifestant dès le début un grand amour pour l’accueil et le soin des pauvres. À l’accueil des familles de la rue à Mangarivotra, c’est justement là qu’elle a débuté. Là, j’ai vu combien elle était sensible à la douleur des autres. Ce qui a fait qu’après quelques années, on l’a appelée pour rejoindre le bureau Akamasoa, c’est-à-dire le groupe restreint des personnes qui ont tout donné pour servir leur prochain. Ainsi elle est devenue une personne d’une grande confiance. Elle a reçu la mission de gérer tous les travaux d’Akamasoa à l’intérieur de Madagascar : dans la région de Fianarantsoa, Safata, d’une part, où elle a été responsable de la construction d’une trentaine d’écoles publiques. Dans la région du sud est, ensuite, Vangaindrano, Matanga, Ampitafa, où après le cyclone Geralda elle allait animer et surveiller le travail d’Akamasoa pour encore une fois construire une vingtaine d’écoles publiques abîmées par le cyclone.

Elle a aussi longuement travaillé avec les paysans, et fait beaucoup pour le développement de la campagne et le reboisement. Cette campagne qu’elle aimait, avec toutes ces fleurs qu’elle aimait aussi, qu’elle ramassait, dont elle cherchait les semences pour ensuite les replanter, chez elle, dans sa maison, ou bien dans les villages d’Akamasoa, révélant par là une réelle âme pour la beauté.

Au caractère, c’était une personne d’un courage exceptionnel, d’une authenticité et d’une limpidité d’âme très grandes. Ce qu’elle croyait, elle le faisait. Jamais elle n’a parlé de choses dont elle n’était pas convaincue, mais au contraire, elle s’élevait pour défendre sa foi et ses convictions, n’hésitant jamais à dire la vérité, dénonçant tout ce qu’elle voyait autour d’elle d’injuste ou de malhonnête. À plusieurs reprises elle a montré ce courage devant les représentants de l’ordre, gendarmerie et mairie, les questionnant, les appelant à être plus honnête dans leur travail et à aider vraiment les paysans malagasy à se mettre debout. Depuis deux ans elle avait attrapé la fièvre typhoïde, une maladie qui lui a fait beaucoup de mal. Mais avec son courage et sa rage d’aider son peuple, elle a pu vaincre cette maladie. À peine guérie, elle était déjà revenue prendre part à notre travail.

Mlle Honorine était une héroïne de son pays, méconnue des médias et des instances officielles, mais travaillant avec beaucoup d’abnégation et de sacrifice pour son peuple. Ce qui nous fait mal au cœur, c’est qu’elle est tombée comme un cèdre face à la méchanceté des hommes, car sa vie a été arrêtée par un meurtre perpétré froidement par des malfaiteurs encore inconnus, à quelques mètres seulement de la maison où elle vivait. Le matin même, elle avait assisté à l’Assemblée Générale d’Akamasoa, se voyant réélire vice-présidente à force de hourras et de mains levées. Ce qui démontre une fois de plus qu’elle était très appréciée par tous ses compagnons de travail et de lutte. C’est pour cela que notre peine est grande aujourd’hui, d’autant plus que sa mort est arrivée d’une façon aussi imprévue que brutale. Elle qui aimait tellement son pays, ses compatriotes, la vérité et la justice, elle est morte à l’image de tous les combattants qui donnent leur vie pour l’amour de leur patrie et de leur peuple. ", raconte avec tristesse le père Pedro.

Mlle Honorine RASOAMANALNA, avec ses amies et compagnons de travail.

Mlle Honorine RASOAMANALNA, avec ses amies et compagnons de travail.

" Je n’ai d’ailleurs jamais hésité à dire aux personnes haut placées qu’une personne comme Mlle Honorine aurait pu être ministre pour servir son pays, tellement ses capacités étaient importantes. Sur le plan personnel, elle était animée d’une foi très profonde, une foi qui était en même temps et surtout action. Prière, foi et action étaient pour elle une seule et même chose. Elle avait un dynamisme exemplaire, et là où elle travaillait elle était une chance et une grâce de Dieu, toujours à l’œuvre ou encourageant les autres à travailler. Elle voyait tout de suite le besoin d’une personne qui souffre. Elle avait un sens du commun très fort, et prenait beaucoup d’initiatives pour améliorer la vie quotidienne des plus pauvres, que ce soit à la campagne ou en ville. Malgré la souffrance et les incompréhensions qu’elle subissait parfois, elle avait aussi la capacité d’encaisser et de conserver un visage rayonnant et joyeux, bien que souffrant au fond d’elle-même. Et dans ce sens là, aujourd’hui, si nous sommes tous atteints, nous sommes aussi plus que jamais décidés à continuer notre combat pour la justice et la vérité.

Aucun sentiment de revanche ne nous inspire, mais nous souhaitons que l’Etat et les services compétents prennent leurs responsabilités et fassent tour leur possible, afin d’arrêter ces assassins qui, par leur crime horrible et odieux, ont mis fin à la vie d’une des plus belles âmes de Madagascar. Ces tueurs n’ont pas le droit de continuer à faire le mal, ils doivent être persécutés et mis aux arrêts, afin qu’ils n’attentent pas à une autre vie innocente de ce pays. Mlle Honorine fut et restera un exemple pour la jeunesse d’Akamasoa. Un exemple dans tous les domaines : sur le plan humain, du don de soi pour le bien commun. Un exemple aussi d’honnêteté et de courage. Un exemple encore d’une personne qui prie et a une confiance totale en Dieu. Un exemple enfin, dans tout ce qu’elle a entrepris, car son énergie et son moteur étaient de faire le bien pour ses compatriotes, de les relever d’une pauvreté qui les avait abattus depuis des dizaines d’années. Ce combat était sa raison de vivre. Le combat pour que l’homme puisse vivre debout et pour que les enfants malagasy puissent avoir un avenir meilleur. Les valeurs humaines et spirituelles pour lesquelles elle a vécu et donné sa vie sont impérissables et elle restera un exemple vivant pour tous les jeunes d’Akamasoa. "

Melle Honorine avec le père Pedro et la Première Dame de Madagascar.

Melle Honorine avec le père Pedro et la Première Dame de Madagascar.

" Nous pleurons aujourd’hui une amie, une sœur, une héroïne de Madagascar. L’espérance qui habitait Mlle Honorine nous habite aussi. Elle est vivante et continuera à nous aider pour poursuivre notre combat, depuis le royaume de justice et d’amour auquel elle appartient désormais. Akamasoa perd avec elle une de ses grandes femmes qui ont fait l’histoire de notre Association, l’histoire du combat contre la pauvreté que nous menons. Les ténèbres nous ont envahis ce dimanche matin, mais la force de l’amour et de la foi les ont dissipées, ce même amour et cette même foi dont nous témoignons depuis 27 ans dans notre mouvement de solidarité contre la pauvreté et l’extrême misère. À toutes les personnes de bonne volonté de par le monde, nous pouvons dire que nous avons tous perdu une grande amie et une grande personne, qui nous aidera à rester debout malgré les violences, les injustices, les haines qui existent à travers tous les pays du monde, et qui chaque jour font tant de victimes innocentes, comme Mlle Honorine aujourd’hui.

Nous nous donnons tous la main dans cette souffrance, en sachant que rien dans ce monde, aucun mal, aucun drame, aucun meurtre ne pourra vaincre l’amour auquel nous croyons et pour lequel nous vivons. Nous remercions la famille de Mlle Honorine de nous avoir donné cette grande combattante de la vérité. Mlle Honorine, au nom de tout le peuple d’Akamasoa, de tous les enfants que tu as aimés, de tous les jeunes que tu as essayé de former et pour lesquels tu étais exemple vivant, et au nom de tous tes compagnons d’Akamasoa, nous te disons que tu resteras toujours dans notre cœur, notre âme et notre souvenir.

Repose en paix. En union de prières. "

Père Pedro

(*) L'association Vendée-Akamasoa et ses membres, se joignent à la douleur du père Pedro et toute son équipe, et de la famille de Melle Honorine, et leur présentent, ainsi qu'à la famille et aux proches de Melle Honorine Rasoamanalna, toutes leurs condoléances amicales et attristées.

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Ascension dans la « Cathédrale » de granit d’Akamasoa

Publié le par Vendée-Akamasoa

Un très bel article à découvrir sur le site de nos amis - perepedro-akamasoa.net - EN CLIQUANT ICI

Les messes à Akamasoa sont toujours à la fois "festives" et suivies par une population fervente et nombreuse.

Les messes à Akamasoa sont toujours à la fois "festives" et suivies par une population fervente et nombreuse.

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Père Pedro et le docteur Henri Cohen-Solal : une vie au service des autres

Publié le par Vendée-Akamasoa

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Père Pedro : "Justice, solidarité, fraternité, partage"

Publié le par Vendée-Akamasoa

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Entretien avec le père Pedro : l'avenir de Madagascar

Publié le par Vendée-Akamasoa

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Madagascar : le père Pedro "père des pauvres", y porte bien son nom

Publié le par Vendée-Akamasoa

L'île rouge, Madagascar, reste l'une des îles les moins développées au monde et le dénuement est partout, malgré l'appui d'ONG et d'associations. Si le père Pedro y a instauré à Akamasoa et sa région le retour "minimum" à la dignité, grâce aux généreux donateurs et mécènes du monde entier, et avec une certaine mansuétude financière du milieu politique malgache, les gouvernements successifs semblent impuissants à redonner vraiment des couleurs sociales et politiques à Madagascar : "Le père Pedro se présenterait à la présidence, qu'il serait sans doute élu", ironise avec une certaine colère face à la mentalité politique locale de l'île, un habitué de Madagascar. Mais le père Pedro n'est pas un homme politique, du moins pour l'instant, et a sans doute les mains plus libres en homme de Dieu. Cela n'empêche pas non plus l'Église d'y être extrêmement vivante. Le Père Pedro Opeka, lazariste argentin, débarque il y a près de 40 ans sur l'île rouge. Incapable de rester les bras croisés devant tant de misère, il a créé une dynamique missionnaire pour redonner espoir et dignité aux exclus.

En lien avec KTOTV, regard ci-dessous en VIDÉO sur l'Église de Madagascar avec le Père Pedro, « père des pauvres de Madagascar ».

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Soirée "Stop Hunger" Sodexo à Paris : 2.000 euros au père Pedro

Publié le par Vendée-Akamasoa

De gauche à droite : Elizabeth Carpentier, directrice des Ressources humaines chez Sodexo ; Pierre Bellon, fondateur de Sodexo ; Patrick Boonefaes et le père Pedro à Paris.

De gauche à droite : Elizabeth Carpentier, directrice des Ressources humaines chez Sodexo ; Pierre Bellon, fondateur de Sodexo ; Patrick Boonefaes et le père Pedro à Paris.

"Depuis près de 20 ans, Stop Hunger agit pour faire reculer la faim, avec une conviction : nourrir tout le monde, c’est possible !" Voici résumé l'esprit de la Fondation "Stop Hunger" du groupe SODEXO, dont la grande soirée de collecte de fonds humanitaires s'est déroulée jeudi 3 mars 2016, au Pré Catalan à Paris, lieux et marques de prestige de SODEXO. Une soirée qui récompense aussi des collaborateurs de l'entreprise SODEXO investis dans des projets humanitaires, et qui avait lieu cette année avec la présence exceptionnelle du père Pedro, invité par Sodexo !

Plus de 300 donateurs et partenaires avaient répondu présents pour cette 2e édition de levée de fonds, édition qui a été marquée par une nouveauté : la remise des « Trophées Jeunes » de Stop Hunger. Notre ami Patrick Boonefaes, président de l’association Vendée-Akamasoa, et responsable de secteur chez SODEXO France, y était également mis à l’honneur : "Comme en 2015, Stop Hunger a récompensé l’action de quatre collaborateurs volontaires de SODEXO et soutenu ainsi leurs quatre associations : Les Restos du Cœur, Les petits frères des Pauvres, Akamasoa en Vendée (ouest de la France), et l’épicerie solidaire Vivre Mieux à Torcy (région parisienne). Le principe étant que chaque lauréat reverse sa dotation à l’association de son choix.", explique l'équipe de Stop Hunger, dont vous pouvez aussi retrouver l'esprit de cette grande soirée, par le lien PDF ci-dessous (CLIQUEZ SUR LE LIEN POUR EN SAVOIR PLUS).

Patrick Boonefaes a donc reçu un Trophée et un prix de 2.000 euros, qu'il a donc remis symboliquement au père Pedro, via cette très belle initiative de SODEXO, qui fête par ailleurs ses 50 ans. Bon anniversaire ! Et nous adressons en même temps nos félicitations aux lauréats de Stop Hunger, qui a du pain sur la planche pour les années à venir dans le domaine des besoins humanitaires...

Soirée "Stop Hunger" Sodexo à Paris : 2.000 euros au père Pedro

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Akamasoa : le père Pedro et ses frères, images du quotidien

Publié le par Vendée-Akamasoa

Sans commentaires, et en musique...

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