Pandémie du coronavirus : inquiétude aussi à Akamasoa

Publié le par Vendée-Akamasoa

Pendant l'épidémie à Madagascar, le père Pedro reste au plus près de ses protégé(e)s (Reproductions des photos interdites sans autorisation)

Pendant l'épidémie à Madagascar, le père Pedro reste au plus près de ses protégé(e)s (Reproductions des photos interdites sans autorisation)

« Vendredi 20 mars 2020, le président de la République s’est adressé officiellement à tout le peuple de Madagascar pour annoncer que le Coronavirus est déjà présent dans le pays par trois personnes testées positives. Dans cette même allocution, le président a interdit tout rassemblement des personnes, des  compétitions sportives, et a aussi décrété la fermeture de toutes les écoles. La Conférence des Évêques de Madagascar par intermédiaire du Cardinal avait demandé aux chrétiens de ne pas se rendre à la messe le dimanche à l’Église mais de prier en famille dans leurs maisons. Ainsi le père Pedro a dû célébrer l’eucharistie à Akamasoa sans la présence physique du Peuple de Dieu. C’était vraiment étonnant et indescriptible de voir ce lieu de prière vide quand d’habitude est toujours plein d’enfants, de  jeunes, d’adultes et des frères et sœurs touristes de plusieurs pays. »

Pedro Opeka célèbre lui aussi la messe seul, dans cet espace d'habitude bondé de plusieurs milliers de fidèles.

Pedro Opeka célèbre lui aussi la messe seul, dans cet espace d'habitude bondé de plusieurs milliers de fidèles.

« Le président a encore parlé le dimanche soir 22 mars pour annoncer des nouvelles mesures restrictives pour faire barrage à la pandémie à Madagascar. Ce même soir, il a décrété « l’état d’urgence sanitaire » et aussi le confinement de toutes les personnes dans leurs maisons. Cela veut dire que beaucoup de lieux de travail seraient fermés et les ouvriers devraient rester à la maison. La population la plus vulnérable qui est la plus nombreuse dans la capitale a commencé à se plaindre du confinement en disant : Si nous ne travaillons pas, qu’est ce que nous allons manger ? Tout de suite, le président a créé un « plan social » pour aider cette couche de la population la plus pauvre et délaissée. La réalisation de ce plan social pourra amener des problèmes de sécurité puisque un peuple affamé est difficile à maitriser. Il nous faudra apprendre à aider d’une façon effective dans le plus grand ordre cette population en difficulté quotidienne. »

« À Akamasoa, depuis 21 mars, nous nous réunissons tous les matins avec le corps médical, les éducateurs, les responsables de villages pour faire le point sur la situation parmi les familles d’Akamasoa. Nous avons décidé à suivre toutes les mesures officielles demandées par le président de la République pour lutter efficacement contre le virus Covid19. Nous sentons parmi  les responsables d’Akamasoa un sentiment profond de responsabilité et une prise de conscience profonde de la gravité du moment. Nous constatons également que des nouvelles solidarités d’entraide naissent parmi les familles. « L’amour est inventif à l’infini » disait Saint Vincent de Paul. Mais  nous nous apercevons que le confinement n’est pas suivi correctement parmi les familles les plus pauvres, puisque la lutte pour la survie est plus forte que la loi de l’État. En plus, ces familles démunies, ce sont elles qui ont le plus grand nombre d’enfants. Et comment confiner tant de petits enfants à être enfermés dans des maisons de 10 à 30 m2 ? La plus grande partie de notre population vit le jour au jour. Personne ne possède un stock de nourriture dans leurs maisons. »

Pandémie du coronavirus : inquiétude aussi à Akamasoa

« Cette pandémie pourrait bien changer notre manière de vivre, de pensée, d’agir et de partager  dans chaque pays, dans chaque paroisse, dans chaque institution, dans chaque entreprise et dans chaque famille. Pour des personnes qui savent réfléchir, rien ne sera plus pareils comme avant. Depuis des années, nous voyons un peu partout un laisser-aller et indifférence face aux problèmes sociaux, un manque de responsabilité dans la vie de tous les jours et une légèreté de relations humaines, et tout cela se manifestera actuellement par une indiscipline des personnes qui veulent toujours en faire à leur guise. Cet incivisme, nous allons le subir tous ensemble, mais il n’est jamais trop tard devant une pandémie de changer, de revenir vers les valeurs du respect mutuel, du respect du bien commun et de nous donner tous ensemble la main pour vaincre cette maladie. Pour faire face à un tel péril comme le Covid19,  il faut d’abord être vrai et dire la vérité sur tous les domaines de la vie sociale, respecter la transparence, chercher à tout prix l’unité et accepter la discipline. Sans cela on ne peut pas arrêter ce fléau. »

«À Akamasoa, avec les responsables et tout le peuple, nous allons faire de notre mieux pour unir toutes nos forces et rester ensemble pour lutter contre cette pandémie. Plus que jamais, la prière est une force qui nous aide à garder l’espérance pour avancer et tenir debout.

Ensemble prions les uns pour les autres.

Que Dieu nous protège et nous bénisse. »

Avec le père Pedro, toute l’équipe d’Akamasoa.

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